Mon résumé
: Al Kenner est un adolescent hors
normes : il mesure 2,20 mètres, a un Q.I. supérieur à celui
d'Einstein et lutte en permanence contre des pulsions meurtrières. Le
jour de l'assassinat du Président Kennedy, il passe à l'acte et
tue ses grands-parents de sang froid, d'une balle dans le dos.
Suivent 5 ans d'hôpital psychiatrique pour finalement être jugé
irresponsable, mais les pulsions meurtrières subsistent.
L'intelligence hors normes d'Al Kenner, lui a permis d'étudier de
façon très poussée la psychologie pendant son séjour en psychiatrie. Il a
tellement poussé son apprentissage qu'il devient un
très bon analyste des comportements humains plus particulièrement du
profil des tueurs en série... N'ayant pas de casier judiciaire du fait
de son irresponsabilité, il va pousser le vice jusqu'à
se faire embaucher dans la police pour enquêter sur les
disparitions...
Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du
cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la
route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette
société américaine des années 60 en plein bouleversement.
Mon avis : Quand on sait que cette histoire est basée sur des faits réels, ça fait froid dans le dos! Marc Dugain nous
romance ici la vie d'Ed Kemper, un tueur en série américain accusé de 10 meurtres dont ceux de sa propre mère et de ses grands-parents.
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui, bien qu'il relate des faits
sordides ne fait pas dans le "sanglant". On en apprend beaucoup sur le
profil psychologique de ce tueur en série qui a défrayé la
chronique dans les années 60.
Dès son enfance, Al se sent mal aimé. Dès son plus jeune âge, il
sera envoyé chez ses grands-parents car sa mère ne le supporte plus et,
il fait peur à la nouvelle femme de son père. Le jour de
l'assassinat de Kennedy, il bascule dans la folie et tue ses
grands-parents pour voir ce que ça fait de tuer. Après ses 5 ans
d'internement, Il retourne chez sa mère mais les disputes se
succèdent. sa mère est tombée dans l'alcoolisme et le dialogue est
totalement rompu. Lui aussi traîne dans les bars et particulièrement au "Jury"
où il boit des tournées avec les
policiers du village et les écoute parler des mystérieuses
disparitions de jeunes filles. Sa fine analyse psychologique des
suspects va lui permettre de se faire embaucher par le commissaire
Duigan pour pister un autre tueur en série ayant exactement le même
profil psychologique que lui. "Ce sont des mécanismes qui me
passionnent. et, pour ne rien vous cacher, je vais me
marier avec la fille du patron de la Criminelle de Santa Cruz, et je
collabore déjà avec son père sur un dossier. Pardonnez-moi, mais je
pense qu'avoir tué confère une vraie légitimité dans ce
domaine, en particulier dans la compréhension du phénomène de
passage à l'acte qui restera toujours un mystère pour un néophyte."
Les policiers ne soupçonnent rien et se font berner jusqu'au
bout. Le lecteur n'est alors pas au bout de ses surprises et devra
attendre la toute fin du livre pour découvrir une atrocité insoutenable.
J'ai pourtant réussi à m'attacher à ce "géant". Je l'ai
même plaint en découvrant que sa vie n'avait jamais été facile. Il a été
transbahuté de droite à gauche et n'a jamais reçu d'amour
: "Ma mère avait pour moi les yeux d’un cheval pour son propre
crottin, mes sœurs me regardaient comme un obstacle entre elles et le
réfrigérateur, ma grand-mère comme son souffre-douleur et
mon grand-père comme le type qui allait lui causer des ennuis avec
sa femme. Après avoir vécu tout cela, il y avait des raisons de
culpabiliser, de se dire qu’on doit bien être un monstre pour
mériter un traitement aussi unanime…" J'ai suivi sa lente
descente vers l'alcoolisme et ses efforts pour contrer ses pulsions avec
de la peine pour lui, jusqu'au moment où la vérité est
faite sur ses agissements. Mais que penser d'un homme qui utilise la
tête décapitée de sa mère pour jouer aux fléchettes?
Une histoire vraie romancée qui aiguise ma curiosité sur Edmund Kemper et que je vous conseille.
Extrait : "Et
puis soudain, le chaton est passé dans le foyer de la chaudière. J'ai
beaucoup goûté le moment où ma
mère assise devant moi, me fixant impitoyablement m'a demandé où
était passé le chaton. Je me délectais du silence que je lui opposais
sans détourner mon regard. Elle a été tentée de me battre
pour me faire parler, puis elle a renoncé en se servant un verre de
scotch. C'est la dernière fois que j'ai incinéré vivant un de ses
chatons de concours. Six mois plus tard, j'en ai décapité un,
j'ai enterré son corps et j'ai gardé la tête dans ma chambre dans
une boite de rustine de vélo."
Éditions Gallimard - Thriller - 361 pages





Ce livre m'a beaucoup plus, d'autant plus que cela provient d'une histoire vraie !! :)
RépondreSupprimerCette histoire fait même froid dans le dos!
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