Mon résumé
: Au
Japon, Jun est un adolescent qui survit chichement en vendant des
babioles dans la rue. Bien que très maigre, il se fait un jour accoster
par Shomintsu, un maître sumo qui "voit en lui un
gros" et veut lui faire intégrer son école de sumo. Il
entreprend donc, (bien que Jun n'arrive pas à grossir) de lui expliquer
les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral
et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen.
Philosophie grâce à laquelle Jun va comprendre des éléments douloureux
de son enfance : Son père qui s'est suicidé à cause du
surmenage, et l'illettrisme de sa mère atteinte d'une maladie
mentale...
Mais comment atteindre le zen lorsque l'on n'est que douleur et
violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?
Mon avis : Un coup de coeur! Un conte philosophique qui se lit très rapidement mais qui restera longtemps dans ma
mémoire. (Comme tous les livres d'EE Schmitt)
Encore une fois j'ai adoré la plume de l'auteur, toujours très
subtile et pleine de poésie. J'ai particulièrement aimé le passage dans
lequel Jun se décide enfin à ouvrir les courriers envoyés
par sa mère. Courriers qu'il avait longtemps remisés au placard
sachant que sa mère ne savait pas écrire. Le parcours initiatique dans
lequel Shomintsu va le mener, va amener Jun à se poser les
bonnes questions sur sa vie personnelle :
"En quoi consistaient ses courriers?
Dans le premier, il y avait une feuille blanche. Je la retournai, l'approchai, l'éloignai, puis, en l'examinant à contre-jour, j'aperçus une tache ronde qui, attendrissant la trame du papier, ombrait sa couleur. Je reconnus une larme: maman avait pleuré à mon départ.
Dans la deuxième, manquait le papier. Au fond, coincé entre les plis, gisait seulement un morceau de laine jaune pâle, doux, un brin de mohair pelucheux, celui avec lequel elle tricotait les vêtements de mon enfance. Cela signifiait: je te serre contre moi.
Dans le premier, il y avait une feuille blanche. Je la retournai, l'approchai, l'éloignai, puis, en l'examinant à contre-jour, j'aperçus une tache ronde qui, attendrissant la trame du papier, ombrait sa couleur. Je reconnus une larme: maman avait pleuré à mon départ.
Dans la deuxième, manquait le papier. Au fond, coincé entre les plis, gisait seulement un morceau de laine jaune pâle, doux, un brin de mohair pelucheux, celui avec lequel elle tricotait les vêtements de mon enfance. Cela signifiait: je te serre contre moi.
Dans
le troisième, il n'y avait rien. Je l'agitai plusieurs fois souhaitant
détecter un détail qui m'échappait. Enfin,
en déchirant l'enveloppe, je repérai à l'intérieur du rabat des
empreintes de rouge à lèvres qui chuchotaient "je t'embrasse".
Le quatrième s'expliqua clairement : il consistait en une pierre grise, un galet triangulaire aux angles ronds dont le
port avait exigé un timbrage coûteux. Maman m'avouait : "mon coeur est lourd".
Le cinquième me posa davantage de problèmes : une plume le
constituait. Je crus qu'elle déclarait : "Ecris-moi", puis je remarquai
qu'il s'agissait d'une plume de pigeon, identifiable aux
évolutions de ses teintes, ivoire à la racine, cendrée sur les
côtés, puis colorée en arc-en-ciel au bout ; dès lors, le message
dégageait deux nouveaux sens, soit "Où es-tu?", soit "Reviens",
car le pigeon voyageur est censé rentrer chez lui. Dans le dernier
cas, cela cachait-il un appel au secours?
Le sixième me réconforta d'abord : il présentait un vieux collier de chien dont le système de fermeture était cassé. Maman me rassurait : "Tu es libre". Parce que c'était l'ultime message, je finis par douter : il pouvait aussi dire : "tu es parti et je m'en fous"".
Le sixième me réconforta d'abord : il présentait un vieux collier de chien dont le système de fermeture était cassé. Maman me rassurait : "Tu es libre". Parce que c'était l'ultime message, je finis par douter : il pouvait aussi dire : "tu es parti et je m'en fous"".
Une fin inattendue et très belle...
A lire et à relire!
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Les perroquets de la place d'Arezzo
Éditions Albin Michel - Conte philosophique - 102 pages





Celui-ci, il faut que je me le procure!!!
RépondreSupprimer^_^ moi, je l'avais emprunté à la bibliothèque...
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