Mon résumé
:
Philippe Pozzo di Borgo nous raconte sa vie depuis son enfance, son
mariage avec Béatrice, mais surtout il témoigne de ce qui s'est passé
depuis son accident de parapente qui l'a rendu
tétraplégique. Dans son malheur, il aura eu "la chance" de trouver
Abdel, un jeune maghrébin qui va devenir son auxiliaire de vie. Son
humour et sa philosophie "Abdélienne" lui permettent
de surmonter cette terrible épreuve. "Il est insupportable,
vaniteux, orgueilleux, brutal, inconstant, humain. Sans lui, je serais
mort de décomposition. Abdel m'a soigné sans discontinuité,
comme si j'étais un nourrisson. Attentif au moindre signe, présent
pendant toutes mes absences, il m'a délivré quand j'étais prisonnier,
protégé quand j'étais faible. Il m'a fait rire quand je
craquais. Il est mon diable gardien"
Mon avis : Le livre que je viens de lire est une réédition du "Second Souffle" complété par une histoire
inédite : "Le diable gardien".
"Le diable gardien" prolonge donc l'histoire du "second souffle" (qui se termine en 1998) jusqu'à sa rencontre avec Khadija au Maroc en 2004 ; cette période correspond au
scénario du film "Intouchables".
Pour l'instant, cette chronique ne portera que sur le livre car je
n'ai pas encore eu la chance d'aller voir le film au cinéma. (ce
visionnage fera d'ailleurs l'objet d'un autre article).
Je me suis tellement plongée dans cette histoire, que je l'ai lue
d'une traite (environ 4h). J'ai été vraiment touchée par l'histoire de
Philippe qui, est pourtant "bien né" (de la
famille des ducs Pozzo di Borgo et des marquis de Vogüé)
mais à qui la
vie n'a jamais fait de cadeau. En effet, le 23 juin 1993 sa vie
bascule lors de son accident, et, le 3 mai 1996 sa femme Béatrice
décède d'un cancer le jour de la Saint Philippe. Il l'aura
longtemps soutenue durant la maladie. Avec elle, il n'aura jamais
réussi à avoir des enfants naturellement. Après 4 fausses couches et un
bébé mort-né, il vont finalement adopter deux enfants à
Bogota : Laetitia et Robert-Jean.
Malgré cet "enfermement" dans son corps, ses nombreux séjours à
l'hôpital, Philippe ne cesse jamais de se battre, et même, il va
rencontrer deux autres femmes et aura deux autres enfants.
"Je suis assez fortuné pour ne pas être placé en institution
spécialisée. Comment voulez-vous survivre entouré nuit et jour du
désespoir des autres, grands invalides, les entendre sangloter,
crier, passer sans réagir devant une chambre qu'on aseptise?
- Les douleurs me maintiennent en colère ; je ne peux m'assoupir dans cet inconfort.
- Toujours une femme admirable est présente. Béatrice que
j'abandonne sur la barque définitive qui remonte le fleuve, des
compagnes, une Clara, et Khadija sur la côte de l'Orient proche.
- Les enfants : mes aînés Laetitia et Robert-Jean, Sabah "L'aurore", et notre petite dernière Wijdane "l'âme profonde".
- Abdel, passeur entre la rive du fleuve et la côte de l'océan."
J'ai trouvé émouvant qu'il arrive a apprendre à Abdel le goût de la
musique classique, mais aussi le fait qu'il lui fasse totalement
confiance au point de monter une société de location de
voitures (qui se révélera être un fiasco, mais qui m'aura bien fait
sourire.)
Abdel a aussi beaucoup d'humour. Par exemple, lors de l'anniversaire de Philippe : " Soixante ans! J'avais oublié. On n'additionne pas les viandes et les "légumes" quarante-deux ans de valide
et dix-huit de handicap, dont chaque année en vaut sept, comme pour les chiens, faites vos comptes!".
J'ai maintenant hâte d'aller voir "Intouchables" au cinéma.
Ce que j'en retiendrai : Une grande complicité entre un "beur de banlieue" et un "riche privilégié".
Abdel lui aura transmis sa philosophie "Abdélienne" selon laquelle
il ne faut pas se prendre la tête et prendre la vie comme elle vient. Et
une très belle "image" dans le dernier chapitre...
Extrait : "Je
suis allongé contre la montagne, juste un peu engourdi. J'ai dû perdre
connaissance. Max et Yves, mes
compagnons de parapente, ont posé leur voile à côté de la mienne. Le
docteur Max prend les choses en mains : il creuse un trou devant mon
visage pour me permettre de respirer et alerte la station
par radio. Je ne comprends pas pourquoi ils ne me touchent pas. Je
leur parle, ma respiration est calme, alors pourquoi me demandent-ils
sans arrêt si je peux respirer ? Un brin d'herbe me
chatouille la narine, j'éternue, je ris. Yves me parle comme à un
enfant ; il a l'air de trembler. Il me semble que je ne peux plus bouger
!"
Éditions Bayard - Autobiographie drame - 279 pages





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