Mon résumé :
Un dimanche matin, à 38 ans,
alors qu'il découvre son premier cheveu blanc, Alexandre Eiffel se
rend compte qu'il est passé à côté de sa vie. En effet, bien que marié à
Elke et patron de l'entreprise "Les clés
Eiffel", il n'est pas heureux et repense à son enfance et à
l'insouciance qui y était liée.... Il plaque tout, et se rend sur les
lieux de ses péripéties enfantines, rachète Lily, le
perroquet du gabon qui avait été le sien quand il était petit. Cet
oiseau qui répète tout ne cesse de lui dire encore aujourd'hui ce que
lui disait toujours son père : " Le
petit Sauvage, tu es un fou ! ". Porté par ses souvenirs et
l'amour qu'il portait à sa voisine Madame Fanny de Tonnerre (bien que
leur différence d'âge soit très grande), il décide de
racheter la maison familiale de son enfance : " La Mandragore"
et renoue des liens avec Manon, la fille de Madame de Tonnerre qui a
aujourd'hui 31 ans et lui fait farouchement penser à
Fanny dans sa jeunesse... Il va alors se remettre dans sa peau
d'enfant, faire revivre la Société des Crusoé, s'interdire de penser et
d'agir comme un adulte...
Mon avis :
J'ai vraiment aimé ce roman car il nous fait vivre un retour à
l'enfance. Dans chaque adulte que
nous sommes reste caché dans un coin le petit enfant que nous avons
été. C'est donc avec délectation que je me suis plongée dans le retour à
l'enfance d'Alexandre Eiffel.
C'est avec amertume que Monsieur Alexandre Eiffel se rend compte que
sa vie n'est pas celle qu'il souhaitait lorsqu'il était enfant. " Où
sont mes impatiences irrésistibles, ma férocité et
mes désespoirs insondables ? Sentir avec acuité m'est désormais
difficile, admis-je avec amertume. J'étais un cœur et ne suis plus
qu'une tête froide. Je conçois les choses avec tempérance au
lieu d'en avoir un sentiment vif. Au contact des sinistres en
complet-veston que je fréquente, j'ai appris à régler mes émotions ; les
hommes de bureau n'apprécient guère les expansions de l'âme.
Alexandre Eiffel s'est insensibilisé pour supporter le cuisant réel
des adultes. La sève s'est retirée de son corps qui, déjà, s'abandonne
aux premières dérives de l'excès de poids. Ses besoins
ne sont plus des envies mais une somme d'habitudes contractées au
fil des ans. Il respire sans vivre. (…) Incapable d’être tout
entier au moment présent, Alexandre Eiffel est toujours en
avant de lui-même ou traînant ses souvenirs. Je ne sais plus être
intime avec moi ni avec autrui ; ma société m’ennuie. Continuellement
diverti par des passions artificielles de grandes
personnes, je ne reçois plus d’injonctions de l’intérieur et ne me
soumets plus qu’à mon agenda."
Mais dès son retour à "La Mandragore", il redevient le "Petit sauvage" (son père l'appelait ainsi) de son enfance. car, selon lui, "On ne se doit qu'à l'enfant qu'on a
été".
Vont suivre les retrouvailles avec Manon avec laquelle il jouait
quand il était petit. J'ai particulièrement apprécié ce passage ou il
joue sur l'effet de surprise : "Ainsi que
l'avait fait le Petit Sauvage, je commençai à tracer dans le sable
avec mon talon droit le plan d'un appartement ; Manon en était le
centre. Au bout de trois ou quatre minutes, elle ouvrit les
yeux et constata qu'elle se trouvait dans une maison imaginaire. Son
regard annonçait un esprit pénétrant ; et il ne mentait pas. Tout dans
sa physionomie exprimait la gourmandise : le dessin de
ses lèvres, ses narines en éveil, ses pommettes, ses dents fines...
« Si vous voulez sortir, dis-je timidement, il faut prendre le premier couloir à droite, puis vous traversez la salle à manger, le salon, et la porte d'entrée est ici.
- Et... je suis où, là ? demanda-t-elle en souriant. Sa voix me fit tressaillir; j'entendais celle de Fanny.
- Dans votre salle de bains, répondis-je.
- Je jouais à ce petit jeu quand j'étais gamine, sur cette plage, avec un petit garçon plus âgé que moi...
- Je sais.
- Vous savez ? fit-elle, ironique.
- J'ai un don de voyance, répliquai-je avec sérieux. Je peux même vous dire qu'à cinq ans on vous appelait Manouche. Vous aviez une nurse anglaise, un petit vélo blanc et vous portiez toujours un chapeau de paille.
Interloquée, Manon se redressa :
- On se connaît?
- Vous ne croyez pas à la voyance?
- Non, si... enfin, pourquoi pas, mais... qui êtes- vous ?
- Vous avez une cicatrice sous le pied droit. Vous vous êtes ouvert le talon sur un rocher, le jour de l'anniversaire de vos sept ans.
- Si c'est de la voyance, chapeau.
- Et vous n’aviez vraiment rien à foutre du petit garçon avec qui vous jouiez sur cette plage.
- Non, là vous faites erreur. C'était mon premier amour. J'étais folle de lui mais je le lui cachais bien!
Je retirai mes lunettes de soleil. Manon me dévisagea. Sans me reconnaître tout à fait, elle manifesta un léger trouble en croisant mon regard et, fugitivement, parut déceler dans mes traits les vestiges d'une figure familière.
- Ce petit garçon... c 'était moi.
Manon demeura interdite quelques secondes ; puis elle dit, à mi-voix :
- C’est vous ?
- Oui, je suis votre ancien et nouveau voisin. Je viens de racheter la Mandragore. Bonjour Manon."
« Si vous voulez sortir, dis-je timidement, il faut prendre le premier couloir à droite, puis vous traversez la salle à manger, le salon, et la porte d'entrée est ici.
- Et... je suis où, là ? demanda-t-elle en souriant. Sa voix me fit tressaillir; j'entendais celle de Fanny.
- Dans votre salle de bains, répondis-je.
- Je jouais à ce petit jeu quand j'étais gamine, sur cette plage, avec un petit garçon plus âgé que moi...
- Je sais.
- Vous savez ? fit-elle, ironique.
- J'ai un don de voyance, répliquai-je avec sérieux. Je peux même vous dire qu'à cinq ans on vous appelait Manouche. Vous aviez une nurse anglaise, un petit vélo blanc et vous portiez toujours un chapeau de paille.
Interloquée, Manon se redressa :
- On se connaît?
- Vous ne croyez pas à la voyance?
- Non, si... enfin, pourquoi pas, mais... qui êtes- vous ?
- Vous avez une cicatrice sous le pied droit. Vous vous êtes ouvert le talon sur un rocher, le jour de l'anniversaire de vos sept ans.
- Si c'est de la voyance, chapeau.
- Et vous n’aviez vraiment rien à foutre du petit garçon avec qui vous jouiez sur cette plage.
- Non, là vous faites erreur. C'était mon premier amour. J'étais folle de lui mais je le lui cachais bien!
Je retirai mes lunettes de soleil. Manon me dévisagea. Sans me reconnaître tout à fait, elle manifesta un léger trouble en croisant mon regard et, fugitivement, parut déceler dans mes traits les vestiges d'une figure familière.
- Ce petit garçon... c 'était moi.
Manon demeura interdite quelques secondes ; puis elle dit, à mi-voix :
- C’est vous ?
- Oui, je suis votre ancien et nouveau voisin. Je viens de racheter la Mandragore. Bonjour Manon."
Mais ces retrouvailles ne se passent pas si bien qu'Alexandre
l'aurait voulu car si son coeur est désormais entièrement pour Manon,
cette dernière a quelqu'un dans sa vie et prépare même son
mariage.
Je souligne l'originalité de la mise en page de la fin du livre qui se veut aussi tourmentée que l'esprit du Petit Sauvage.
Une lecture que je ne peux que vous conseiller et que j'ai eu la chance de découvrir dans le cadre de "L'épopée littéraire" un projet lancé par Maxime visant à faire voyager un livre chez plusieurs blogueurs. Je le remercie pour ce choix qui m'a vraiment fait passer un bon
moment.Pour voir les autres avis, c'est là : Maxime, Yv, Margotte, Ameni
Éditions Folio - 251 pages - Littérature contemporaine.





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