Mon résumé
: Henry Molise, un écrivain
quinquagénaire, fils d'immigrés italiens, revient dans le Colorado,
le pays de son enfance pour voir ses parents après que sa mère lui ait
annoncé qu'elle voulait divorcer. En effet, sa mère ne
supporte plus le comportement de son mari Nick. Il a 74 ans et est
un vieillard aigri, alcoolique et joueur compulsif. Elle ne supporte
plus de vivre avec cet homme de plus en plus imprévisible
qui préfère se soûler avec ses copains en jouant au poker plutôt que
de remplir ses devoirs conjugaux. Nick qui est maçon et qui a consacré
sa vie à construire des murs pour nourrir sa femme et
ses 4 enfants va profiter de la venue d'Henry pour l'embarquer dans
son dernier chantier : la construction d'un fumoir à viandes.
Malgré leurs différences et la rancœur de Nick envers ses fils qui
n'ont jamais voulu suivre sa voie professionnelle, ils vont devoir
s'accorder et mettre leur orgueil de côté pour mener à bien
cette dernière tâche qui permettra à Nick de rembourser ses dettes
de poker.
Mon avis : J'ai adoré! Quel plaisir de retrouver les personnages de "Mon chien Stupide"
pour cette histoire toujours aussi autobiographique. Je
préfère même le personnage d'Henry Molise à celui d'arturo Bandini
car il est beaucoup moins prétentieux, plus mûr et plus réfléchi. Henry,
à l'inverse d'Arturo, est quelqu'un de stable : il a 4
enfants et est un écrivain reconnu.
En
partant retrouver ses parents, il ne s'attendait pas à ce que son père
lui demande de travailler avec lui. Il
le déteste, mais va devoir faire avec. Cette expérience va beaucoup
rapprocher les deux hommes et Nick va initier son fils à l'art des
cuites monumentales!
J'ai adoré cette lecture ou l'on passe du rire à l'émotion. Nick, le
vieil alcoolique prend cuite sur cuite et lorsqu'il reste inanimé
plusieurs heures, sa famille se moque de lui en pensant
qu'il est en train de cuver. Alors qu'en fait, il fait des comas à
cause de son diabète.
Le passage qui m'a fait de la peine est quand le fumoir, à peine
achevé est détruit la nuit suivante à cause de l'orage. Au début, on en
rigole, car on se doute qu'après leurs apéros à rallonge,
les murs ne devaient pas être bien droits. Mais on déchante quand on
comprend que Nick y a laissé sa santé et qu'à 74 ans, il aurait pu
trouver un autre moyen de rembourser ses dettes de jeu.
Dans ce livre comme dans Bandini
, John Fante nous raconte les relations
désastreuses qu'il a eues avec son père comme d'ailleurs avec tous
les autres membres de la famille. Des sentiments partagés entre amour et
haine profonde. C'est triste de voir comment il
considère son père qui malgré ses vices a tout fait pour subvenir
aux besoins de sa famille.
J'adore toujours autant le style de John Fante entre cynisme et
humour noir. D'ailleurs, à la fin, on ne sait pas si on doit rire ou
pleurer... Mais à vous de le lire pour vous faire votre propre
opinion.
Extrait : Voilà comment Henry parle de son père : "J'ai
pensé à ses vieux os, à sa peau âgée, à sa vieillesse solitaire et
acariâtre, a ce vieux sac à vin, à ses amis orduriers et imbibés, au
sale fils de pute qu'il avait toujours été : buté, tyrannique,
grossier, un Rital dissolu qui m'avait embarqué à mon corps
défendant pour ce safari de cinglé, dans les montagnes, loin de ma
femme, de mon foyer, de mon travail dans le seul but de satisfaire sa
vanité d'excentrique et se prouver qu'il était toujours un
maçon comme on n'en faisait plus."
A lire aussi :
Mon chien Stupide
Bandini
La route de Los Angeles
Demande à la poussière
Rêves de Bunker Hill
Éditions 10/18 - Drame - 247 pages





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