Mon résumé
: Matthieu et Libero,
deux jeunes étudiants en philosophie idéalistes et immatures
décident de reprendre en gérance le bar de village dans la région qui
les a vu grandir : la Corse.
Ils abandonnent alors leurs études sur le continent afin de poursuivre leur rêve de créer " le meilleur des mondes possibles".
Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au
comptoir car Matthieu et Libero, n'ont pas su mettre de côté leurs
rêves et n'ont pas pu résister aux plaisirs de la chair, de l'alcool et
de la corruption...
Mon avis
: Peu emballée par le titre et la couverture de ce livre, c'est
finalement son attribution du prix Goncourt le
4 novembre 2012 mais aussi le fait que l'histoire se passe en Corse
qui m'ont décidée à la lire. Mais j'avoue que ce livre a été une
déception pour moi.
Pour commencer, je trouve le rapport entre le titre et l'histoire un peu tiré par les cheveux. "Le sermon sur le chute de Rome" a été prononcé par Saint Augustin
en 410 à Hippone avec le message suivant : "Le monde est comme un homme, il naît, il grandit, il meurt".
Certainement que Jérôme Ferrari a voulu établir un lien entre le bar
repris en
gérance par Matthieu et Libero : après plusieurs gérances
tumultueuses, le bar revit, décline puis se refait une réputation avant
de tomber dans un chaos indescriptible.
L'histoire couvre deux générations : les chapitres alternent entre la vie de Marcel Antonetti (le grand-père de Matthieu), Aurélie (la soeur de Matthieu) qui
part en Algérie faire des fouilles à Annaba - anciennement Hippone - et Matthieu lui-même. Bien qu'ils soient de la même famille, je n'ai pas bien compris le lien entre ces trois
histoires.
De plus, j'ai énormément regretté l'absence de dialogues et des
phrases bien souvent beaucoup trop longues. Certaines même font
carrément deux pages et plus de 200 mots! exemple : "
Elles faisaient des études qu'elles n'aimaient pas et
dont elles savaient qu'elles ne déboucheraient sur rien, ou elles y
avaient déjà renoncé, elles n'osaient plus faire de projets,
elles vivaient dans des villes sans joie dont la laideur les rendait
tristes et où personne ne les attendait vraiment, elles savaient que la
laideur finirait par s'installer bientôt dans leur âme
pour s'emparer d'elles, elles y étaient résignées, et c'est
peut-être la candeur de leur âme vaincue, le pôle magnétique de leur
vulnérabilité qui avaient infailliblement guidé Libero et Matthieu
vers chacune d'entre elles, Agnès, qui fumait des cigarettes roulées
assise sur la plage, à l'écart des danseurs et du comptoir, Rym et
Sarah, partageant un soda pendant l'élection d'une miss de
camping, et Izaskun, que son petit copain venait de laisser tomber
et de planter là, pendant leurs vacances, alors qu'elle parlait à peine
français, et qui attendait avec son sac à dos, dans une
boîte de nuit minable, que le jour finisse par se lever, et elles se
moquaient bien de devoir partager à cinq l'appartement au-dessus du
bar, elles se moquaient des matelas par terre et de la
promiscuité car elles avaient passé au village les semaines les plus
heureuses de leur existence, elles y avaient tissé un lien qu'elles ne
voulaient pas encore briser, un lien incontestable dont
Matthieu ressentit lui aussi la présence, ce soir-là, pendant le
dîner. "
J'ai regretté aussi de ne pas savoir où précisément en Corse se
passait cette histoire et l'absence totale de descriptions de paysages
qui auraient pu m'aider à imaginer les scènes mais
aussi me faire voyager une seconde fois dans cette magnifique région
de France.
Vous l'aurez compris, ce livre ne restera pas gravé dans ma mémoire....
Extrait : "Mais
nous savons ceci : pour qu'un monde nouveau surgisse, il faut d'abord
que meure un monde ancien. Et
nous savons aussi que l'intervalle qui les sépare peut être
infiniment court ou au contraire si long que les hommes doivent
apprendre pendant des dizaines d'années à vivre dans la désolation pour
découvrir immanquablement qu'ils en sont incapables et qu'au bout du
compte ils n'ont pas vécu."
Éditions Actes Sud - Littérature contemporaine - 202 pages





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