Mon résumé
: Nous sommes en Bratagne près de Paimpol dans les années 1930. Mona
Ozouf nous parle de ses souvenirs d'enfance dans lesquels elle se
rappelle avoir vécu partagée entre ses parents qui prônaient
l'identité bretonne (la langue et la culture), l'école laïque qui
défend l'identité française et interdit l'enseignement bilingue et
l'église en contradiction avec ces deux derniers
préceptes...
Orpheline de père à 4 ans, elle se souvient de son éducation par sa
mère et sa grand-mère suivants les principes militants de son père, puis
de ses études à Paris, où elle adhère au Parti
Communiste.
Mon avis : Afin de comprendre le contexte du livre il me semble important de rappeler qui est Mona Ozouf.
Née en 1931, elle est
la fille de Yann Sohier et d'Anne Le Den, tous deux instituteurs
bretonnants et militants de la cause bretonne, qui l'élèvent en
langue bretonne. Après sa scolarité en Bretagne, elle est élève à
l'École normale supérieure (ENS), où elle est agrégée en philosophie.
C'est par
l'intermédiaire de son mari, Jacques Ozouf qu'elle rencontre en 1954 et
épouse en 1955, qu'elle fait connaissance avec les autres historiens
Denis Richet, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet. De nombreux
ouvrages sont nés de la collaboration avec ce dernier. Membre du Centre
de recherches politiques Raymond Aron à l'École des
hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, aujourd'hui,
directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique
(CNRS). Elle écrit également pour le Nouvel Observateur
et participe à la revue Le Débat. Si elle s'est récemment intéressée à
la figure du roman de l'univers démocratique, ses travaux ont surtout
porté sur les
questions se rapportant à l'école publique et à la Révolution
française. Les rapports qu'entretiennent pédagogie, idéologie et
politique semblent l'avoir particulièrement intéressée. (Source
Wikipédia)
Ce livre est un essai sociologique autobiographique.
Mona Ozouf nous raconte son enfance marquée par le décès de son père
alors qu'elle n'a que 4 ans. Sa mère et sa grand-mère vont tacher de
suivre les recommandations de ce dernier et continuer de
lui inculquer les valeurs bretonnes. Elle va alors vivre dans un
logement de fonction de l’école publique de Plouha, petit village des
Côtes d’Armor, ou sa mère est d'abord institutrice
puis directrice. Fille unique, elle n’a pour seule distraction que
la cour de l’école et se réfugie alors dans les livres et les manuels
scolaires. Elle va très vite se rendre compte que
trois idéaux se contredisent : Les principes de la Maison (et ses
valeurs régionales) , Les principes de la France inculqués à l'école
(et ses valeurs républicaines), Les principes de
l'église (et ses valeurs chrétiennes). Ces trois idéaux sont
d'ailleurs l'objet de trois chapitres. Elle nous raconte ensuite son
parcours, qui la conduit de l'école communale de Plouha, en
passant par le collège de Saint-Brieuc et celui de Rennes, jusqu'à
son départ de Bretagne pour poursuivre ses études à Paris et son
adhésion au Parti communiste, à 21 ans.
Bien que je ne sois pas bretonne, j'ai beaucoup aimé ce livre et
toutes les descriptions de coutumes, d'explications de langage et
particulièrement ce passage parlant de sa grand-mère qu'elle
décrit comme un trésor à proverbes et légendes :
"Elle avait beau user du français avec moi, elle ne m'en
communiquait pas moins, par ce français calqué sur les tournures du
parler breton, le génie de cette langue vigoureuse, expressive,
anthropomorphique : la brume du matin est la «pitance» du soleil,
les vagues sont «les chevaux de la mer», le confluent est «le nez des
deux eaux»; et on achève une lettre de condoléances en
recommandant à l'endeuillé : «Dalc'hit mad an taol» («agrippez-vous à
la table»)."
j'ai trouvé ce récit poétique, émouvant et très bien écrit.
La problématique posée est toujours d'actualité, et on entend encore
souvent parler de ses régions qui revendiquent une
identité culturelle et qui ont à mon avis raison de se battre pour
la faire perdurer tout en respectant les obligations républicaines.
En lisant le résumé de 4ème de couverture, je ne m'attendais pas à
ce que ce soit un essai... Mais finalement, j'ai beaucoup aimé, même si,
j'aurais préféré que toute la problématique soit
occultée pour n'en faire qu'un très beau roman autobiographique.
Je remercie Blog-o-book et les éditions Folio de m'avoir
offert ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.





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